27 mars 2011

Les Motos Sauvages de Les Rose

110217_hogwildaff_403x605eLes Motos Sauvages

de 

Les Rose

(1980)

Scénario: Andrew Peter Marin, Stephen J. Miller

Avec: Michael Biehn, Tony Rosato, Patti D'Arbanville, Angelo Rizacos, Matt Craven...

Photographie: René Verzier

Musique: Paul Zaza 

 

   Fraîchement renvoyé de l'armée suite à une méprise, Tim (Michael Biehn) retrouve sa bourgade natale et retourne au lycée. Il ne tarde pas à découvrir que les lieux sont sous la coupe d'un gang de motards, mené par l'improbable Bull (Tony Rosato), brute décérébrée, qui ne s'exprime que par grommellements... 

    Présenté à la Cinémathèque dans le cadre d'un double programme bis, consacré aux films de motards, ce après l'impayable Les Motos de la violence (nanar au doublage jouissif porté par Jack Nicholson et Bruce Dern), Hog Wild aka Les Motos sauvages chez nous, prend des allures de mix improbable entre le teen movie façon Animal House et le film de bikers, cousin de L'Equipée Sauvage autant que de Grease 2. Le film commence sur des motards filmés en longue focale, émergeant progressivement du flou sur une musique de Paul Zaza (en activité sur Porky's autre proche parent, sorti deux ans après), qui plagie sans complexe celle composée par Ennio Morricone pour Et Pour Quelques dollars de plus. On s'attend dès lors à un western où les chevaux seraient remplacés par les motos, jusqu'à ce qu'arrive la présentation du personnage principal dans une ambiance digne des Charlots à l'armée. Le ton potache qui présidera au métrage posé, les choses sérieuses peuvent commencer. En tant que comédie, Les Motos Sauvages, par sa recherche constante du gag sans invention fatigue, et fait rire à ses dépends. Le réalisateur nous ressert au moins dix fois le coup de la nourriture versée sur la tête d'une malheureuse victime. De même son long métrage propose inlassablement un schéma identique, un lieu est présenté, des gens gentils s'y trouvent et les brutes épaisses débarquent pour semer la confusion. Comme dans cette salle de cinéma diffusant justement un film de motards qui se termine sur Bull le leader du groupe qui fonce dans l'écran. On pourra y voir une métaphore du héros rejoignant la fiction, dans un geste, ou plus simplement une plaisanterie référentielle aussi inoffensive que le chaos répandu par des méchants pas si méchants que ça au final. Hormis de ses gags poussifs, son scénario limité portés par des caricatures, que propose le film de Les Rose? Eh bien, deux trois idées sympathiques, qui font rire et rendent son oeuvre un tantinet attachante. Bull, le meneur est souvent drôle, les gros plans sur la tronche impayable de Tony Rosato fonctionnant quasiment jusqu'au bout, malgré le fait que le cinéaste nous en envoie presque à chaque minute. L'idée du traducteur interprétant chacune de ses paroles amuse durant la moitié des péripéties. Le running gag du shérif incapable de faire l'amour à sa femme, pas plus de lui allumer sa cigarette, resservi à des moments inattendus prête aussi à rire. A l'instar de ce personnage de père qui voudrait endurcir son fils en lui balançant des balles de golfs en rafales ou le cognant sournoisement avec une queue de billard. La description du fossé générationnel ne dépasse pas cette simple constatation de parents impliqués quarante ans plutôt dans un conflit mondial et de gamins gâtés irresponsables. Malgré tout certains personnages secondaires décalés contribuent à rendre l'ensemble sympathiquement nul. Le copain couard croque-mort et le motard à l'avant bras remplacé par un crochet campé par Matt Craven en font partie. Cela dit l'heure et demie de projection paraît bien longue, tirant ainsi beaucoup trop sur notre indulgence, pas du tout récompensée par un final paresseux, proche du foutage de gueule. 

Posté par Yann D à 01:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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