10 mars 2011

Le Rite...Mauvaise Foi*...

Le Rite

de 

Mikael Hafstrom 

Scénario: Michael Petroni d'après le livre de Matt Baglio 

Avec: Colin O'Donoghue, Anthony Hopkins, Ciaran Hinds, Alice Braga, Toby Jones...

Photographie: Ben Davis

Montage: David Rosenbloom

Musique: Alex Heffres

 

  Pas beaucoup de chose à dire sur ce ratage hallucinant, à peine sauver des tréfonds de la nanardise par un casting quatre étoiles, avec hormis le cabotinage savoureux dans les scènes non fantastiques d'Anthony Hopkins (possédé, c'est autre chose), le précieux Ciaran Hinds, parfait comme toujours. En face le héros dont le seul objectif, se résume à assumer pleinement son statut d'élu divin que lui a placardé sur la tête une mère sans doute un peu illuminée, morte trop jeune, peine à accrocher le spectateur à ce maigre récit. La faute d'une part à un scénario bourré de raccourcis (la journaliste qui s'incruste dans les cours du Vatican qui maintient un certain voile autour dudit rite? Michael qui se taille au séminaire pour échapper à l'emprise de son père? Mouais, mouais...) et d'incohérences, qui manque profondément d'enjeux dramatiques. En effet, un peu à la manière du classique du Friedkin qui soulevait entre autres (le entre autres est ici important) la question de la place du mal pour trouver la foi, le script ne se cantonne qu'au parcours vers la prêtrise d'un sceptique, campé par Colin O'Donoghue dont le jeu manque sévèrement d'incarnation. Mal équilibré, le récit ne démarre que tardivement et surtout, erreur, relayée par la mise en images, ne tient jamais compte du cadre particulier offert par Rome. Il y avait semble-t-il quelque chose à faire de ce décor aux relents antiques, imprégné de catholicisme. Sous couvert, d'offrir une vision plus réaliste de L'Exorciste, ou du moins démythifiée, la mise en scène sans inspiration de Mikael Hafstrom nous offre des contorsions de possédés bien timide, et surtout oubli rapidement son pseudo parti pris lorsqu'il s'agit de filmer des visages tuméfiés de CGI détonnants à la moindre occasion. A côté de cela il parsème son oeuvre de jump-scare très prévisibles, se montrant d'un autre côté incapable d'instaurer une atmosphère ou de créer des moments d'angoisse s'inscrivant dans la durée. Quant aux poussées oniriques qu'il assène au tournant du deuxième acte, elles frôlent le ridicule, telle cette main poilue et griffue, ou pire encore ce cheval aux yeux rougis, risible à souhait. Là où le décrié Le Dernier Exorcisme questionnait sous un jour presque sociologique le rapport à la vérité, Le Rite ne se repose que son personnage principal au statut d'usurpateur vite évacué lors d'un climax copiant sans détour celui autrement plus effrayant de L'Exorciste, la suite. Le travelling circulaire accompagnant la transformation du protagoniste provoque vite l'hilarité, et l'on regrette le film de William Peter Blatty injustement considéré à sa sortie comme un nanar, encore présent dans l'esprit de ceux qui l'ont vu, ce qui ne risque pas d'arriver à ce sinistre Rite... 

* Jeu de mots qualitativement représentatif du film.

Posté par Yann D à 21:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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